Méritas masculin 2012

 

 

Je suis né à Montréal, mais la famille a demeuré à Ste-Anne-de-Bellevue jusqu’au moment de mon entrée au Jardin d’Enfance St-Alexis, l’école primaire des Soeurs de la Providence. La situation économique d’une famille de la classe moyenne à cette époque signifiait pratiquement une vie dans la pauvreté. Puisque rien n’avait encore été inventé…ou presque, pour passer le temps, nous devions pratiquer des sports. Comme nous demeurions à 8 minutes de la Palestre Nationale, centre sportif du temps, mes parents m’ont abonné pendant plusieurs années pour m’habituer à la pratique sportive, m’évitant ainsi de joindre les membres d’un gang de rue qui passaient leurs soirées au restaurant du coin, à 100 pieds de notre logement.
 

 
 

Le primaire terminé, j’ai fait mon cours scientifique au Mont-Saint-Louis, qui était dirigé par les Frères des Écoles Chrétiennes; j’y ai étudié pendant 9 ans. Mes sports préférés étaient la balle molle, le baseball et les quilles. Aux quilles, en plus de jouer, j’étais le plus rapide planteur du collège, travaillant presque toujours sur deux allées à la fois. Cela m’a permis d’amasser un peu d’argent de poche et de me payer une mitaine de receveur neuve après 3 ans. Celle que je possédais déjà était devenue presque inutilisable et je m’entrainais à recevoir les mains nues. Inutile de vous dire que certains soirs, je pouvais à peine tenir un crayon tellement j’avais les mains enflées.

En 1957, j’ai fait mon entrée à l’école Polytechnique pour y poursuivre mon rêve de devenir ingénieur civil, rêve que j’entretenais depuis 1942, influencé en cela par un cousin Dionne de Québec avec qui j’avais eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises alors qu’il logeait chez ma grand-mère durant ses propres études à Polytechnique. En 1958, l’école déménageait de la rue St-Denis à son nouvel édifice sur le campus de l’Université de Montréal. Édifice spacieux, impressionnant mais presque vide pendant les années où j’y ai étudié. Il faut rappeler que pendant ces années, le Québec a vécu une période que l’on a appelée «la révolution tranquille» et que les diplômés de l’école Polytechnique ont doublé en nombre pendant les cinq années de ma présence.

Durant les 3e et 4e années, ma future épouse étudiait juste à côté en technologie médicale à l’Université de Montréal, et nos études réciproques se sont poursuivies dans l’entraide. Cette proximité m’a permis d’acquérir des notions de médecine et de m’intéresser au combat contre les maladies infectieuses. Nous nous sommes mariés en 1962, juste avant ma 5e et dernière année d’étude.

La population du Québec était jeune, en majorité locataire, les mesures sociales embryonnaires, les cartes de crédit n’existaient pas, la technologie, c’était la TV et le téléphone. La dette publique était insignifiante et du travail, il y en avait. Mon diplôme en main, je fus engagé par la Ville de Montréal où j’ai fait une carrière de 32 ans. Malgré tout ce contexte économique

favorable, les débuts ont été difficiles. J’avais des dettes d’études que j’ai mis 4 ans à rembourser, malgré le fait que nous vivions des années de prospérité et de développement. Lorsque je pense aux étudiants d’aujourd’hui, j’ai de l’empathie.

En 1965, nous avons réalisé un premier rêve, celui d’avoir un bateau pour faire du ski nautique. Ce fut là notre passe-temps pendant 10 ans. Toutes les fins de semaine, lorsque la température était favorable, nous allions dans les îles de Berthier, à 40 milles de Montréal, et c’était une joie d’y faire du ski. Avec des cordes de différentes longueurs, nous pouvions tirer jusqu’à 5 skieurs. Des amis et des parents nous accompagnaient chaque fin de semaine et le retour avait toujours lieu après le coucher du soleil. J’ai déjà fait le trajet de 40 milles entre Montréal et Sorel, uniquement pour tester mon endurance.

La sagesse aidant, en 1978, j’ai vendu mon bateau à un grand ami qui venait d’acquérir un chalet dans les Laurentides et j’ai acheté ma maison actuelle à Dollard-des-Ormeaux. Je conservais ainsi la possibilité de faire du ski nautique à volonté lorsque j’en avais le goût. Bon bricoleur, j’ai personnalisé et amélioré cette maison pendant de nombreuses années pour passer le temps. Pour essayer d’oublier la navigation à laquelle je rêvais toujours, j’ai participé à l’engouement pour le patin à roulettes pendant environ 4 ans, durant les belles années du disco. Puis l’invention de la planche à voile m’a permis de visiter une bonne partie des lacs des Laurentides avec Nancy, ma nouvelle compagne. C’était la belle époque où l’accès à ces lacs était encore possible. Nous partions pour la journée entière avec le lunch sur la planche et des avirons pour revenir lorsque le vent nous laissait tomber.

Puis la retraite vint en 1994, et ce fut le début de ma passion pour la généalogie et le dictionnaire des Dionne. La retraite m’a permis de réaliser un autre rêve, celui d’avoir un bateau sur remorque, ce qui me permettrait d’explorer d’autres plans d’eau du Canada et des États- Unis. Donc, de 1994 à 2008, J’ai fait la Baie Georgienne du lac Huron, le Lac des Bois et le Lac à la Pluie; pour Nancy et moi, cette vie était merveilleuse. Seuls pendant des semaines dans des régions sauvages, nous avons profité d’une totale liberté et d’un contact étroit avec la nature. Nous avons aussi navigué une bonne partie du Saint-Laurent en amont de Trois-Rivières, le canal Rideau, le canal Trent Severn, tous les lacs au nord de Gatineau, le Saguenay, la rivière Richelieu, le lac Champlain, la rivière Hudson jusqu’à New-York où j’ai fait le tour de la statue de la Liberté, plusieurs grands lacs américains jusqu’en Virginie, et j’en passe.

En 2008, l’âge avançant, j’ai vendu le bateau pour réaliser un autre rêve: la rénovation de ma cuisine et de ma maison. Je fis donc les plans de ma nouvelle cuisine et de ma salle à manger, ce qui demandait l’ajout d’un solarium que je suis en train de compléter. Pour la suite, nous verrons ce que la santé nous permettra de faire pour jouir le plus possible de notre vie.

Je suis un grand croyant, mais pas tout à fait dans le sens où on l’entend habituellement. Je crois à la science sous toutes ses formes et mon guide de vie n’est ni la Bible ni la Thora ni le Coran, c’est le Consumers Report. Je constate les effets et les influences que peuvent avoir les religions dans le monde et je considère qu’un être humain équilibré doit faire des choix dans ses croyances: la science ou la religion. Je ne me pose pas de questions quand je sais à l’avance qu’elles n’auront pas de réponses.

Merci!